Décoration d’aquarium

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Décor : choix et préparation du bois

Toutes les essences de bois ne sont pas utilisables dans un décor d’aquarium. Certaines dégagent des substances indésirables, comme les résineux ou le laurier rose. Le chêne, le bouleau, le hêtre, le saule, l’aulne, la vigne ou les écorces de liège sont par contre tout indiqués. Dans l’aquarium, branches et racines libèrent des acides humiques et des tanins qui entraînent une baisse du pH et une coloration jaunâtre de l’eau. Cette caractéristique peut être mise à profit pour obtenir l’eau acide indispensable à certaines espèces. Le phénomène doit cependant être totalement maîtrisé.


S’il est possible de prélever des branches dans la nature, il faut toujours veiller à avoir obtenu l’autorisation du propriétaire des lieux. Les bois verts sont à éviter car ils ont toutes les chances de pourrir. Les meilleurs résultats sont obtenus avec les morceaux de bois qui ont séjourné longtemps dans l’eau d’une rivière ou d’un lac. Ils ont perdu leur écorce, sont débarrassés de leurs tanins et sont naturellement lestés. Les tourbières acides offrent des pièces de bois belles et très bien conservées. Ces lieux sont cependant protégés et il est préférable de se fournir sur des sites en exploitation ou dans le commerce. Quelle que soit leur essence et leur origine, les morceaux de bois doivent être soigneusement nettoyés pour éviter tout pourrissement ultérieur.

La première étape consiste à retirer l’écorce et à récurer la branche sous l’eau courante à l’aide d’une brosse métallique, pour éliminer toutes les parties molles. Il faut ensuite la mettre à tremper durant plusieurs heures dans l’eau bouillante, pour la stériliser à cœur. Cette deuxième étape permet également de lester le bois, qui a une forte tendance naturelle à flotter. Il est également possible de le maintenir au fond de l’aquarium à l’aide d’une pierre ou de le coincer entre deux éléments du décor jusqu’à ce qu’il soit gorgé d’eau.

Décor : choix du sable

Le sable qui recouvre le fond d’un aquarium sert à la fois à la filtration biologique, en hébergeant une partie des bactéries du cycle de l’azote, et au décor. Il est indispensable dans un bac destiné à accueillir des plantes et donc pourvu d’une couche de substrat nutritif. En faisant effet de tampon, il évite ainsi à la terre de souiller l’eau au moindre remous. Les matériaux les plus utilisés en aquariophilie sont le sable de Loire et le quartzite. Le premier possède une granulométrie assez fine, qui est parfaite pour les poissons fouisseurs, mais il peut s’avérer un peu trop compact pour la culture des plantes. Le second est parfait pour permettre la propagation des racines mais ses arêtes un peu vives peuvent blesser les poissons de fond.

Il est possible de composer avec les avantages de chacun de ces matériaux en les mélangeant à parts égales.
Une autre variante consiste à ajouter du sable noir d’origine volcanique, à raison de 20 % en volume. Le sol sera alors plus sombre, ce qui peut apaiser les poissons un peu peureux. Cette caractéristique met également en valeur la couleur de certaines espèces, comme les Barbus titteya. Tous ces matériaux doivent être soigneusement rincés à l’eau avant usage. Le frottement des grains entre eux, provoqué par le conditionnement et le transport, a invariablement entraîné la formation d’une poussière qui va polluer l’aquarium. Cette précaution s’impose même s’il est mentionné sur l’emballage qu’ils ont été lavés avant l’ensachage.

Décor : choix des pierres

Beaucoup de poissons évoluent dans un environnement rocheux, assez simple à reproduire en aquarium à condition de bien choisir les pierres. Toutes ne conviennent pas à cet usage. Certaines réagissent avec l’eau en libérant des composés indésirables comme du soufre ou des métaux lourds. Il faut également éviter les minéraux tendres et friables, qui vont lentement polluer l’eau en se désagrégeant.

D’autres ne sont pas toxiques mais contribuent à modifier les caractéristiques de l’eau du bac. Le cas le plus évident est celui des roches calcaires, qui augmentent sensiblement le TAC (ou dureté carbonatée) de l’aquarium par diffusion d’ions carbonates. Elles doivent donc être utilisées en toute connaissance de cause et à bon escient. Si elles sont indésirables dans un bac de type amazonien, elles peuvent contribuer à augmenter de façon très naturelle la dureté d’un aquarium destiné à héberger des cichlidés des grands lacs de l’est africain. Certaines possèdent une structure torturée et percée de trous qui permettent aux poissons de disposer de refuges bienvenus. L’effervescence provoquée par quelques gouttes d’acide chlorhydrique dilué au 1/10 ème permet de vérifier si une roche contient du calcaire.

Les roches d’origine volcanique, comme la pouzzolane, sont neutre chimiquement et permettent de réaliser des décors très esthétiques. Il faut toutefois prendre garde à leurs arêtes parfois un peu vives. Le granite, l’ardoise, le schiste, le grès, le basalte ou le gneiss sont parfaits en aquarium. Toutes ces pierres peuvent être prélevées dans la nature, après avoir obtenu l’autorisation du propriétaire des lieux. Il est également possible de s’approvisionner dans le commerce aquariophile ou chez les vendeurs de matériaux de construction. Avant usage, elles doivent être soigneusement lavées et brossées pour éliminer les poussières et les micro-organismes qui y auraient élu domicile.


Le poids des roches qui constituent le décor ne doit pas être négligé dans l’évaluation de la masse de l’aquarium, tout comme la stabilité relative de certains empilements. Pour limiter les risques, les pierres doivent toujours être placées directement sur la glace du fond, et non pas sur le gravier. Pour encore plus de sécurité il est envisageable de solidariser les roches avec des points de colle silicone.

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